Critique blog Star Wars Rogue One

[Critique] Star Wars Rogue One, hémisphère aseptisé de l’Etoile Noire

Jyn Erso Biographie

Marionnettes et maquettes mises en scène érigeaient Star Wars (1977) en un conte merveilleux cinématographique charmant par ses suggestions imaginaires. La Prélogie et Rogue One : A Star Wars Story définissent une voie différente, celle de compléter un univers créé dans un flou artistique volontaire. Bâti sur des bribes de mots clefs de Star Wars IV (Plans secrets volés, Etoile Noire, Rébellion), Gareth Edward (Réalisateur, cinéaste de Godzilla et Monsters …) orientent les perspectives nuancées d’un premier épisode dérivé à même de rendre la science-fiction poussive voire moins rêveuse.

En s’équipant de l’Etoile Noire, arme de destruction massive de planètes construite sous la contrainte par Galen Erso (Mads Mikkelsen), l’Empire intergalactique avance d’un pas dans l’institution d’une terreur mortelle dans le droit de vie et de mort de chaque être. Jyn Erso (Felicity Jones), fille du concepteur de la première Etoile Noire, représente un espoir considérable pour la Rébellion

Préparatifs infinis sans magie

Citations Rogue One 2016
« Nous avons fait toutes sortes de choses au service de la Rébellion … Espionnages, meutres … Sans ça, nous serions perdus », avouera Cassian Andor (Diego Luna). Et pour mettre en valeur ces mots, focus sur un personnage, flou total sur le « décor ».

Rivé sur les visages et les efforts de petites mains,  Rogue One : A Star Wars Story s’attache à être la parti-prenante d’une histoire balbutiante de la Rébellion. Exit les lettres capitales jaunes en guise d’introduction, place à une galerie de personnalités filmée au format portrait au détriment total de décors urbains ou naturels floutés par choix d’une très faible ouverture de caméra. Et d’esprit. L’image foisonnante d’une Cantina, brillante par sa diversité de vies extraterrestres, n’est pas permise : des séquences successives, la lecture s’effectue par la lorgnette seule d’humains de premier plan plus ou moins charismatiques détachés d’atmosphères, d’ambiances ou de planètes diverses réservées à un plan secondaire. Première conséquence et non des moindres portées à l’écran, un temps long, non rythmé, assez pénible à suivre jusqu’à entendre « Nom de code ? … Rogue One ! ». A chacun, enfin, de prendre en main sa part de liberté vis-à-vis d’une Rébellion au système onusien ankylosé.

L’acceptation d’un épisode à part passera par une magie intériorisée depuis l’enfance par Jyn Erso (Felicity Jones) (« Aie confiance en la Force », conseillera tendrement la mère de l’héroïne), discrète mais credo de la Rébellion (« Que la Force soit avec vous ! », retentit le message avant le départ des X-Wing pour accompagner le groupe « Rogue One »), évoquée comme un message légendaire par le guerrier aveugle Chirrut Îmwe. Les vaisseaux voyagent, les personnages grandissent ou mûrissent, les idées se partagent, les décors changent : pourtant, aucun réel enchantement ou engouement exploitent la richesse curieuse du monde Star Wars.

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Rogue One : A Star Wars Story ne cache pas être indéniablement « terre à terre ».

Il y a bien un lien au conte pour l’espoir semé à travers un récit tragique loin des codes du merveilleux pour verser dans une tragédie remplie de nuances peu habituelle dans la filmographie Star Wars. La vision individuelle de nombreuses contribue à dessiner des personnalités vouées à être les héros anonymes de victoires plus grandes à venir. Le poids d’une menace nucléaire inscrite dans l’ADN de Star Wars IV : Un nouvel espoir pèse à nouveau dans des scènes, probablement parmi les plus intéressantes, intercalées entre les tirs de blasters, explosions de grenades et chutes d’AT-AT sur les plages maldiviennes de la planète Scarif.

« Tu dois apprendre tout ce que tu as appris »

Jyn Erso Blog Critique Cinema

Les paroles tutélaires de maître Yoda, venues des épisodes précédents, éclairent la découverte du récit Rogue One à distinguer absolument d’un nouvel épisode Star Wars. A commencer par l’absence de John Williams, compositeur emblématique des sept épisodes Star Wars parus à ce jour, citée à titre d’hommage dans les morceaux « A long ride ahead », « Hope », « Jyn Erso » de Michael Giacchino dans une bande-son originale n’ayant définitivement pas à rougir dans sa version intégrale.

Star Wars VII a divisé à parts égales pour son style et ses choix scénaristiques, la mise en scène de Rogue One s’illustre par de trop rares mouvements. L’efficacité, pleinement concentrée dans une lisibilité totale des scènes d’action et de combat, multiplie les images fixes épileptiques (Première bataille à Jedha), des panoramas uniques immobiles (Déplacements des troupes sur Scarif) ou de rares focus à faible vitesse selon un axe horizontal. L’espace galactique, décor de liberté par excellence, gâche de précieuses minutes à penser l’accès à l’immersion par se simples caméras accolées aux vaisseaux (Tout comme l’a essayé Star Trek : Sans limites). S’offre aux spectateurs une vision dépersonnalisée d’autant plus désolante dans l’exception d’une exception intentée dans l’anthologie Star Wars.

References Easter Eggs Rogue One Star Wars
Trois apparitions et puis Dark Vador s’en va.

Le nouveau sillon tracé par Rogue One se libère du cycle généalogique de la famille Skywalker pour des rattachements définitivement inélégants dans de deux acteurs doublés numériquement (Tarkin et Leia Organa). Le premier éprouve les limites de la technologie pour une apparence coupée la plupart aux ¾ de l’image (Sans bottes), la seconde délivre une tirade unique capable d’être suffisante à la reconnaissance du vêtement et de la coupe si caractéristique du personnage. Justifiées ou non, les références cultivées par Rogue One placent le film dans une contrainte amenée à desservir les tentatives d’originalité quitte à contraindre la réalisation de Gareth Edwards. A titre d’épiphanies complaisantes allant jusqu’aux apparitions souffreteuses de Dark Vador utilisées comme des faire-valoir légitimes, Rogue One tente de séduire sans réellement convaincre.

Details Etoile Noire Construction

Etoiles Kick Ass 2 CritiqueHors du schéma épisodique, Rogue One : A Star Wars Story détonne honorablement en raison de charismes attachants dus avant toute chose à l’interprétation de Jyn Erso, d’une musique mémorable, d’une réalisation capable de séduire pour sa lisibilité. Auto-contraint à s’affilier maladroitement à Star Wars IV : Un nouvel espoir, ses tentatives artificielles remettent au-devant de la scène la banalisation d’une franchise devenue moins magnifiée. En contrepoids à un tableau de défauts, Rogue One : A Star Wars Story désenchante la vision simpliste de la Rébellion : Rogue One, un détachement autonome essentiellement humain dans une galaxie aux créatures diverses et variées, a oeuvré contre la paralysie d’une Rébellion sclérosée

On a aimé :

+ Un conte mi-teinte de la Rébellion

+ Felicity Jones, une héroïne mémorable de Star Wars

On a détesté :

-Une mise au point visuelle sur des personnages au détriment des décors.

-La nécessité de personnages synthétiques (Léia Organa et Tarkin). Images d’archives, astuces, suggestions : le cinéma ne manque pas d’autres solutions.

-Des hommages et clins d’œil sous forme d’épiphanies.

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4 réflexions sur “[Critique] Star Wars Rogue One, hémisphère aseptisé de l’Etoile Noire

  1. Évidemment, 100% d’accord avec toi sur la qualité de la musique.
    En revanche, je ne partage guère ta réticence envers cet épisode filmé avec un rare esprit d’échelle (les croiseurs, l’étoile noire, les AT-ACT), et donne à voir des planètes, des écosystèmes autrement plus exotiques que ceux offerts par J.J.Abrams l’an passé. Une vision à hauteur d’homme que j’ai grandement apprécié.

    1. Visuellement, le film est très net. Et drôlement sage pour filmer des scènes de déploiements spatiaux ou des combattants.

      Quant aux échelles, je te l’accorde volontiers. (Quoiqu’en regardant le dialogue vite expédié entre Dark Vador et Orson Krennic, j’ai eu peur de constater une taille quasi identique) Non, la part inconciliable de ce Rogue One : A Star Wars Story se situe dans sa focalisation sur les visages et le flou volontaire systématiques des décors. L’exotisme du voyage n’a, personnellement, pas fonctionné (Kefrene, Eadu, Yavin 4, Mustafa, Jedha, Scarif … La liste, je te l’accorde, est pourtant longue. Et j’en oublie peut-être) malgré la quantité.

  2. Ce que j’ai trouvé déplorable pour Tarkin notamment c’est que si ils avaient eu moins de budget (comme les anciens Star Wars) ils auraient trouvé de bien meilleures solutions pour l’inclure dans le film.. que juste passer par la simplicité et le recréer numériquement (même si ça demande je le concède beaucoup de boulot, mais je veux dire ça n’a pas demandé d’être malin pour trouver cette idée..)

    Plus je repense à ce film et moins je l’aime (et j’y pense beaucoup!). Je pense que la seule chose qui restera réussie pour moi dans ce film c’est les éléments repris d’A New Hope: les X-Wings, les Y-Wings, Vador, etc.. tout ça est vraiment très bien mais n’est juste pas encré dans un bon film. L’histoire n’est pas super, même si le concept était sympa, les personnages « héros » à part peut-être Jyn ne sont pas super et ne resteront pas en tête, notamment à cause de l’expédition de leur destin à la fin du film j’en reviens pas à quel point c’était enchaîné..

    En revanche une chose à laquelle je dit chapeau bas: Ben Mendelsohn ! Je l’adorais dans Bloodline, et je dois dire que c’est ce que j’ai préféré dans ce film ! Son rôle est juste magnifique, son jeu d’acteur parfait, et je regrette juste qu’on ne l’ai pas plus vu.. (j’aurai préféré moins de Tarkin, et plus de Krennic).
    Galen était aussi pas mal, mais pareil c’est difficile d’apprécier totalement ce genre de personnages, quand ils en présentent une dizaine d’autres en même temps.
    Saw Gerrera n’est juste là pour pouvoir être utilisé autre part (coucou Rebels), et ça se sent..

    Bref je n’arrive pas vraiment à décider quoi penser de ce film.. j’ai aimé l’univers, mais pas le film, pas l’histoire, et 90% des nouveaux personnages m’ont semblé vides.. Quand à leur promo sur le fait que c’est un film hors saga, que c’en est séparé, je trouve qu’ils auraient du s’appuyer beaucoup moins sur les événements d’A New Hope… avec ce nombre incroyable d’easter eggs forcés et même morceaux d’histoires incompréhensible sans avoir vu un film de la saga. Quand à leur phrase « c’est un film sans Jedi, sans sabre-laser »……………….

    Bref merci pour cette review, je suis en gros d’accord avec tout ce que tu as dit, cet épisode n’a pas le charme d’un Ep IV ou V, et même si il est sensé être différent, il y aurait eu moyen qu’il soit différent en bien.

    1. Quoiqu’on en dise, le premier Star Wars tourné par George Lucas et 11 millions de dollars résultent d’une incroyance totale dans un film de science-fiction. En contrepartie d’un manque de soutiens de sociétés hollywoodiennes (Dont Universal Pictures), George Lucas s’est arrangé pour conserver l’originalité et pouvoir éditer des jouets à n’en plus finir. Sa vision et les moyens n’étaient plus les mêmes lors de la Trilogie, quant aux films annexes, l’ombre de films de commande plane. Il existe un calendrier, il se dit désormais qu’il existe des scènes inutilisées, des séquences remplacées par d’autres : contrairement à la crainte d’une infantilisation à cause du rachat par Disney (Rogue One : A Star Wars Story étant probablement l’une des visions les plus pessimistes de la saga), le réalisateur obéit à des exigences, se plie à Hollywood pour bénéficier des 200 millions de dollars de budget.

      Les personnages, c’était leur moment, ne sont pas suffisamment mis en valeur. Saw Guerrera ne donne pas envie d’être découvert dans un dessin-animé : le moment idéal, c’était « le » film. Surtout lorsque conception et création s’appuient sur le souffle mécanique de Dark Vador, un corps à la Général Grievious et de fortes similitudes avec le vilain de Mad Max Fury Road (Surtout en raison du sort réservé à son personnage dans le film). Y compris pour le drôle de monstre ultra menaçant de son repère passé presque inaperçu.

      Gareth Edwards se sert d’un nom, de solides références (George Lucas s’est lui aussi inspiré de films de guerre et de réalisateurs renommés dans le domaine pour servir son propos) mais n’offre pas d’originalité. S’ennuyer devant un Star Wars, incroyable à imaginer en 2016.

      La fin d’astuces, de magie, de suspens : les autres réalisations dérivées pourront peut-être réserver davantage (Espérons-le) 🙂 !

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