[Critique] Star Wars VII : Le Réveil de la Force – Ressouvenir ému

Blog Critique SW VII Le Réveil de la Force

Star Wars VII adultère toute critique. Ce que l’on en retient reflète l’enchantement renouvelé ou un désenchantement impatient. Négatif ou positif, un avis ne pourrait ignorer ses qualités de suite digne, l’intérêt porté à des héros inédits désormais légitimes dans la légende Star Wars ou l’ensemble des efforts livrés dans le rendu final du long-métrage. Émaillé de ces raisons suffisantes, s’exprime en toute limpidité son appréciation et son imperfection conjuguées. En aucun cas, Star Wars VII ne pourrait être réduit à sa superficialité.

Même partiellement évoqué, il sera question de scénario, de quelques révélations et de ses maladresses, le tout placé sous le signe d’une globale réorchestration des repères connus. Star Wars VII Le Réveil de la Force dégage un plaisir imparfait personnel capable de clore l’année 2015 par une grosse production cohérente et rayonnante.

La Force du renouveau.

Narration Star Wars VII
S’inscrire dans un univers reconnaissable était une manoeuvre indispensable au bon déroulement de l’épisode VII.

Des décennies après Star Wars VI, le VIIe épisode érige Luke Skywalker au rang de héros légendaire, Han Solo en personnage historique, Léia Organa en meneuse de la Résistance contre un succédané de l’Empire déchu : le Premier Ordre.

Les mythologies tissent une nouvelle page du conte Star Wars tout en insistant sur l’importance de l’initiative personnelle pour une aventure collective et nécessaire à un bien-commun moral. Le télescopage galactique aux airs de déjà-vu scintille efficacement grâce à une héroïne débrouillarde attachante (Jouée par l’actrice britannique Daisy Ridley.), un stormtooper survolté et sensible (Interprété par John Boyega.) et un jeune pilote prometteur de la Résistance. (Rôle endossé par Oscar Isaac.) Épaulée des anciens héros, J.J. Abrams mise sur une jeunesse plus charismatique, volontairement imprécise et en fuite face à l’héroïsme.

Interet Capitaine Phasma
Le capitaine Phasma, interprété par Gwendoline Christie, apparaît totalement effacé. Presque accessoire au récit.

Moins fulgurantes, les méthodes pragmatiques du vilain Kylo-Ren, (Masque derrière lequel se « cache » l’acteur Adam Driver.) meneur des troupes du Premier Ordre, souffrent de comparaisons appuyées au feu Dark-Vador. Lui et l’ensemble des disciples du côté obscur entretiennent des parallèles plus blafards avec leurs mentors spirituels : Kylo-Ren apparaît comme un enfant-roi impétueux tandis que le capitaine Phasma a l’honneur de quelques tirades. Seulement.

Le rythme maintenu pêche par, à première vue, une revisite artistique globale constante. En vérité, l’interprétation d’un hommage à la Trilogie Originale paraît plus assumé. Dans l’univers étendu de Star Wars, la nouvelle réalisation se conforte dans repères autrefois imaginatifs, un moyen pratique pour ne pas s’écarter de l’esprit d’une suite narrative. Précédemment décrit dans l’article Dissec-cinéma, la bande-son de Star Wars VII atteint un souffle magistral épisodique : certains passages manquent réellement d’être soutenus par des thèmes spécifiques tandis que de vraies émotions sont transportées par des morceaux stratégiquement placés. (Dernière scène par exemple.)

Inquiet d’être à l’origine de fondations saines, J.J. Abrams noue un scénario inspiré par les défauts et les points forts de la Trilogie Originale. Les redites cessent là où les acteurs occupent l’espace et impriment des jeux qui sont leurs, quitte à éclipser littéralement les anciens héros. (Luke Skywalker, Han Solo, Léia Organa)

Visuellement enchanteur.

Explications Jakku Star Wars VII
La plupart des scènes doublent d’intérêt en 3D. Contrairement à d’autres films, Star Wars VII a été conçu pour ce format.

Star Wars VII repose sur une esthétique artistement accomplie. J.J. Abrams a su faire abstraction de son effet visuel favori, le lans-flare omniprésent dans Star Trek Into Darkness, pour être un réalisateur qui a su s’adapter à l’univers Star Wars et non l’inverse. Aux seules longueurs muettes imposées par Han Solo (Réinterprété par Harrison Ford.) ou des scènes initiatiques insistantes, pourtant belles, liées au personnage de Daisy Ridley, le rendu final excelle en raison des exigences liées à l’oeuvre originale. Avec plaisir, les scènes en milieu naturel s’apparient plutôt bien aux retouches studios, par rapport à une Prélogie définitivement si peu naturelle.

Le parti-pris de la 3D (Entrepris il y a quelques années pour la réédition de Star Wars I : La Menace Fantôme.) réveille l’immersion dans le monde de Star Wars. Les avancées technologiques permettent à J.J. Abrams d’approfondir la suggestion visuelle de George Lucas en 1977 : la reprise en mains d’une nouvelle trilogie par un trio de réalisateurs est une manière d’affiner l’aspect visuel. Comme s’il s’agissait d’un défi plus qu’un hommage. (Cf. Scènes de destruction avec l’arme Starkiller.)

Rendu Visuel BB8 Studio
1/2 de R2D2 mélangé à 1/2 d’un ballon de football a donné naissance à BB-8. Un robot mignon à 100% !

Entre les studios de Pinewood et les décors réalistes d’Abu Dhabi, Star Wars VII : Le Réveil de la Force a parié sur une sobriété visuelle, presque assagie. Les duels au sabre-laser renouent avec les inspirations nippones de George Lucas à l’inverse d’une Prélogie passée maître dans l’art de brasser de l’air avec des armes futuristes ou pour s’inspirer à outrance des acrobaties de combat du Cirque du Soleil. Les chorégraphies reprennent un style Kendo, volontairement brouillonnes par manque d’initiations. Star Wars immortalisait une inventivité quasi illimité clairement moins inspirée : en caricaturant, l’univers étendu de Star Wars VII ne connaît que deux prises de risque. De nouveaux casques pour les stormtroopers et la création d’un droïde ô combien attachant : BB8.

Agréable, divertissant, Star Wars VII centre son visuel et sa narration dans une continuité recherchée. Sage à l’excès, peut-être aux yeux de certains, l’épisode VII parvient à embarquer petits et plus grands dans une mythologie décomplexée.

Filiations dangereuses.

Kylo Ren Blog Personnage

Au-delà de deux ou trois coups de théâtre, Star Wars VII s’impose par ses personnalités : ceci, au détriment de paroles recherchées ou d’un scénario inédit. Il découle de cette décision une suite critiquable (Ou admirable) pour sa simplicité où une héroïne remarquable saura cheminer grâce à sa persévérance, son audace et une Force redevenue immatérielle. (Forme très prononcée d’un don.) C’était la voie la plus adroite imaginable pour donner de la consistance aux suites et créer le lien à la simplicité des premiers films Star Wars. Malgré la tonalité initiatique promise dès le titre (« Le réveil de la Force ».), les nouveaux enfants, « filles et fils de probables » dont l’écriture se garde bien d’en dévoiler toutes les ficelles, parviennent à focaliser toute notre attention et même notre bienveillance. Kylo-Ren, Rey, Poe Dameron et John Boyega, 4 identités à l’écriture classique et pourtant passionnante.

Daisy Ridley Jeu d'acteur Star Wars VII

4 Etoiles Test HonnêteStar Wars VII ne mérite pas le procès de l’imperfection. Critiquable à l’image de toute réalisation, le VIIe épisode déploie ses efforts à écrire une nouvelle page convaincante du conte Star Wars sans en risquer l’effondrement ou le bouleversement. A l’inverse de critiques déçues, acerbes et impatientes, Star Wars VII parvient aussi à plaire, à surprendre, à plaire. Son aspect mémorable tient essentiellement à ces héros attachants capables à bien des égards de surpasser les célébrités de Star Wars IV : Un Nouvel Espoir.

On a aimé :

+ Le respect de la Trilogie Originale.
+ Daisy Ridley (Rey), une héroïne définitivement supérieure à Mark Hamill (Luke Skywalker).
+ Un rendu visuel net et artistique.
+ Des personnages mémorables du côté « Lumineux ».

On a détesté :

– Une bande-son globalement recyclée, sans thème spécifique pour des personnages clefs.
– Des personnages décevants ou peu utilisés du côté « Obscur ».
– Des impressions de déjà-vu indéniables.

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6 réflexions sur “[Critique] Star Wars VII : Le Réveil de la Force – Ressouvenir ému

  1. Bonne année ! J’ai également beaucoup aimé le film pour tout ce qu’il ressuscite. C’est véritablement un « appel du futur », tandis que la préolgie était essentiellement proleptique.

    2 bémols en ce qui me concerne :
    – l’étoile de la mort-bis n’est que trop redondante et prête sacrément le flanc à une critique acerbe du spectateur amateur (surtout après un « Retour du Jedi » supposé se dérouler juste avant).
    – l’arrière plan politique – très fort dans les deux autres trilogies – est ici inexistant, c’est le lissage imposé par Disney.

    1. Meilleurs vœux également !

      L’Etoile de la Mort est une redite. Certes. Elle fait néanmoins partie du schéma du mythe, balayée probablement encore plus rapidement que dans les autres films. Cette sorte d’arme surpuissante est apparue déjà 2x à l’écran. Y compris dans le meilleur des Star Wars (A mon sens) : Le Retour du Jedi.

      Le fond politique dans la Trilogie Originale apparaît de différentes manière : sans le nier, il est beaucoup moins présent que dans la Prélogie. Si par politique il faut entendre idéologie, je te suis dans cette opinion : les Stormtroopers massés comme les sympathisants Nazis, la propagande, la puissance d’un Empire … Presque en copie conforme, le discours du sbire des Chevaliers de Ren ressemble fortement au placement des Stormtroopers, les soldats non réformés opèrent une politique quasi génocidaire (Lance-flammes et éliminations froides.) … Je n’ai pas eu l’impression d’un adoucissement par Disney : Star Wars retrouve une forme de naïveté mais n’est pas pour autant a-politique ou absolument sans idéologie. (Celle de héros qui luttent contre le Mal, grâce à leurs actions, à leurs efforts, leur persévérance; celle d’un Bien pour l’équilibre contre un Mal absolu …)

  2. « Des acrobaties de combat du Cirque du Soleil » surtout sur les épisodes II et III.
    Concernant ce Star Wars, j’ai pas mal de chose à lui reprocher, notamment sa narration, qui ne se détache pas du tout de celle produite par Lucas sur le IV épisode. À tel point que les principaux rebondissements de l’intrigue peuvent être largement deviné par les plus avertis.
    Concernant la bande-son, je partage ton avis dans le sens où le mixage du film ne met pas assez en avant le travail de Williams. Pour l’avoir écouté séparément, ce nouveau score offre, en effet, que peu de nouveauté. Sans doute parce que les images qu’elle est sensé accompagner sont beaucoup trop attaché à la trilogie originale.

    Sinon, meilleurs vœux à toi 🙂 En espérant que cette nouvelle année te soit plus douce que la précédente (qui n’a pas été de tout repos pour toi).

    1. La Prélogie est devenue pénible à regarder. Les avoir en DVD est presque un regret, une chose que je ne réitérerai pas en Blu-Ray.

      Parmi les rebondissements, c’était très prévisible pour Han Solo. Pour le reste, la trame de Star Wars IV n’était pas particulièrement développée et n’a jamais été un véritable point fort. (Ben Kenobi, père spirituel, meurt. L’équipe sort victorieuse.) Il a fallu attendre l’épisode V pour un rebondissement synthétique sans précédent. (Et loin d’être prévisible.) J’ose espérer que la jeunesse de Rey n’est pas si liée que cela à celle de Luke … 😥

      Merci pour ces voeux ! Je te souhaite de nouveau une excellente année 2016. J’essayerai de faire de mon mieux possible pour garder le cap : j’en reste en partie responsable donc je dois en tirer les leçons nécessaires … 🙂 (Ce début 2016 sera entrecoupé de quelques R.D.V. médicaux mais tout devrait bien se passer. 😉 )

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