[Le Film du Grenier] Wayne’s World (1992) – Pop-culture en dérision

Myke Myers Acteur Film

Deuxième épisode des « Films du grenier » L’été approche, les rediffusions fusent et, pourtant, la crème de la crème reste désespérément absente de nos malheureux écrans télévisés. Le Blog La Maison Musée lance un nouveau saut dans le passé, toujours dans les années 1990, avec un long-métrage tout sauf sérieux. Mille adjectifs pourraient Wayne’s World mais « mauvais » n’en fait pas partie. Séance de rattrapage synoptique d’un film devenu progressivement de plus en plus cultissime par le biais d’Internet !

   Wayne (Interprété par l’acteur Myke Myers) et son ami Garth (Incarné par Dana Carvey) alimentent une émission filmée avec les moyens du bord : de leur modeste banlieue Américaine et depuis la cave de leurs parents, ils animent le « monde de Wayne Campbell ». Blagues potaches, l’humour grivois, jeux de mots bien lourds et trucages maisons font partie de l’identité du mini-show de Wayne’s World. Bien que la répercussion du point de vue l’audience reste faible, Wayne et Garth ont su se constituer un public qui aime cette manière de faire, la modestie de nos personnages et le côté très système « D ». L’émission ne tardera pas à ouvrir l’appétit du monde « financier » de la télé’ : un producteur aisé voit mille et une possibilités pour transformer l’émission originale et la rendre commercialement attirante. Pendant 1h35, le spectateur assiste à la vie de Wayne; de son entourage. Ce sont les petits riens, sa vision des choses, de la vie, ses relations et son amour inconditionnel de la musique qui ont permis au film d’acquérir des répliques passées cultes

Bohemian Rapsody Queen
Une scène restera dans la mémoire « musicalo-cinématographique » : « Bohemian Rapsody » du groupe Queen ! (Cliquez sur l’image pour voir la séquence entière!)

   Avant tout, Wayne’s World a édifié un rang d’auto-dérision pure. Mike Myers est, comme dans la plupart des rôles que l’on peut lui connaitre, (Austin Powers) dans un jeu d’acteurs qui en fait beaucoup : ce sera justement le point fort sur lequel tous les autres personnages se règlent pour tourner le film en quelque chose d’extrêmement simple et détendu. Non, ce n’est pas du grand. Pourtant, ce grand n’importe quoi est ponctué de références, de morceaux musicaux qui ont valu une récompense amplement mérité pour Wayne’s World 1 et un « capital sympathie » immense.

   Sans même parler de budget, le scénario rédigé en partie par Mike Myers mise sur une simplicité déconcertante où, au final, l’intérêt réside principalement dans un moment de divertissement entièrement assumé. De toute façon, l’objectif principal du film est là : les apparitions d’acteurs connus (« Caméos »); les multiples références culturelles; des dégaines complètement ringardes et volontaires qui ont su donner à Wayne’s World toutes ses chances de faire partie de l’édifice et de la culture « Internet ».

Sac Garth Wayne
« Si tu vomis … Vomis … Là d’dans! » Garth Algar (Dana Carvey).

    La « Garthmobile« , l’expression vainement remise au goût du jour de « Méga teuf Garth« , « Chapiteau! », « SWCHING ! » et pêle-mêle d’expressions aident évidemment Wayne’s World à nous habituer à une vie Américaine tranquille, insouciante et d’une grande facilité d’accès. Adolescents, enfants, adultes : chacun peut se retrouver – plus ou moins avec le recul de la fiction et selon la sensibilité/lourdeur de l’humour – dans une production qui se regarde facilement plusieurs fois … A la seule condition d’aimer ce « genre » de cinéma. Wayne’s World est probablement le plus sympathique car, contrairement au précédent, encore plus axé vers le grand public. En dépit de ne pas faire partie d’un quelconque cinéma d’exception, le scénario a parfaitement sa place « pour passer le temps », pour « penser à autre chose » et rigoler en toute légèreté le temps d’une soirée.

    Chacun sera prêt à admettre que Wayne’s World n’a pas vocation à « oscariser » ses acteurs. Ce n’est pas son but – il aurait grand mal à pouvoir y prétendre – ce qui ne doit en rien ôter sa capacité à tourner énormément de sujets en dérisions. A partir d’un seul élément, l’excès de Mike Myers peut transformer une chose tout à fait banal dans un enchainement improbable et exagéré. Point d’effets spéciaux éclatants à l’écran quoiqu’une réédition Haute-Définition très correcte, Wayne’s World renforce la clémence des spectateurs par des apparitions calées à fond dans les années 1980 ! T-1000 ne vous dit peut-être rien comme cela : pourtant, nos compères seront poursuivis par l’acteur Robert Patrick qui incarne l’ennemi de Terminator 2. Alice Cooper et le reste du groupe apparaissent dans leurs propres rôles dans les arrières coulisses du concert.

Images HD Waynes World 1
« No stairway ? » C’est dingue ! …

    Autre qualité partagée avec sa suite (Réalisée toutefois par un autre réalisateur) : une Bande-Son originale constituée principalement par de très bons choix musicaux. Directement inspirés des années 1980 et plus si affinités, Wayne partage avec nous son goût de la musique Retro’ avec l’inimitable « Foxey Lady » de Jimi Hendrix; évidemment de nombreux morceaux d’Alice Cooper; Bohemian Rapsody du groupe Queen a été propulsé de nouveaux dans les singles les plus vendus à cette période après la récente sortie en salles de Wayne’s World. En soi, le film a été un petit monument en rapport une belle petite somme au box-office par ce côté assez inattendu avec un peu plus de 700 000 entrées rien que pour l’Hexagone.

    Sauf pour les connaisseurs, l’Original Soundtrack du Film se compose d’un éclectisme parfait, sérieux qui, à coup sûr et,  à titre personnel, peut faire connaitre quelques morceaux jusqu’alors insoupçonnés. Surtout avec 10 ans de recul, on observe avec malice à quel point les acteurs se sont complus dans leurs rôles et dans leurs chorégraphies d’avance ringardes et indémodables. (La scène de Garth Algar sur le fond de « Foxey Lady » fait partie des moments les plus mémorables!) Mike Myers s’est également prêté au jeu en composant, en partie, le thème principal du film.

   L’ensemble a beau manquer d’une large part de subtilité à de nombreux moments, quelques passages n’en restent pas moins une moquerie plus ou moins intelligente. Bien entendu, il serait difficile de glorifier Wayne’s World par cet aspect tant ces passages sont rares, le duo formé par Mike Myers et Dana Carvey est loin d’être les comédies souvent simples et fondées sur une tournure élégante pour mériter l’appellation d’un « Teen-movie ». Une fois de plus, si les angles ne sont pas arrondis, la position de Wayne’s World rejoint sans aucun problème le rang des productions faites dans une insouciance et le souci du « petit plus ». Ce détail n’est autre que celui d’une production identifiée en partie par un côté « Pop-Culture » (L’idée de retrouver un peu de tout et n’importe quoi avec les icônes de l’époque …)  et un soupçon d’intelligence dans le potage.

    Sans savoir et entrer dans le débat de l’existence de « plusieurs » cinémas, il y a en tout cas plusieurs types d’humour. Wayne’s World se greffe là dessus, est globalement bien doublé dans notre langue Française et n’hésite pas à proposer plusieurs manières de comprendre de rares répliques. On aime ou pas : cela constitue l’autre part de l’identité d’un long-métrage  qui, au-delà de l’esthétisme de la grandeur d’un scénario quasi absent, peut séduire les amateurs de « la » comédie Américaine. Un peu en dehors des carcans actuels, légèrement dans le déjà-vu, et Wayne’s World joue beaucoup sur son maigre scénario convenu : il n’en faut pas plus pour débrancher son cerveau 95 minutes et parfois rire. Bêtement.

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