[Paralipomènes] Dark Souls – Tous les chemins mènent à l’erreur de l’expérience intentée

Easter Egg Dark Souls 2

Les synthèses sont unanimes et invitent à regarder son parcours de joueur dans le miroir et dans le rétro-viseur : il n’y a que de mauvaises raisons pour ne pas s’essayer à Dark Souls 2 comme le résume assez bien Gamekult.com. On le rappelle : les Paralipomènes constituent quelques ébauches de réflexion, des fragments non neutres, mais régulièrement articulés autour de l’expérience. Paradoxe direz-vous, puisqu’il s’agira, actuellement, de discerner l’atout d’essayer – ou non – Dark Souls. Une franchise dont le nom est porteur d’idées reçues, de qualités objectives, et de contestation le tout, souvent schématisé dans les carcans d’un jeu extrêmement difficile. Il est avant tout un RPG au style dynamique, à l’univers dont l’étendue vise à satisfaire les plus curieux. Un plan idyllique sur le papier, en réalité peu révolutionnaire et peu novateur, mais dont la présence sur le marché, sa globale réception auprès des joueurs et critique, articule plusieurs interrogations. Pourquoi le concept est actuellement dans un essor inouï ? Ne pas s’y essayer, une expérience qui mériterait l’expression ô combien condamnable « Tu as trop raté ta vie ! » ?

Equipement Soldat Dark Souls
La difficulté, une histoire de mode?

   Dark Souls est, qu’on le veuille ou non, une recette loin d’être révolutionnaire. Doit-on simplement parler à ce propos d’une difficulté hardcore? Quelque part, le terme est à la fois tout et peu de choses. Est-il réservé à un public précis ? Construit sur la difficulté ? S’il n’est pas le premier ni le dernier, le mot adéquat, si tant est qu’il faudrait le classifier, serait plutôt un degré d’exigence. Comme le stipule le concept de Catherine (Nous en parlions il y quasi une année sur le Blog La Maison Musée), comme d’autres en font une marque de fabrique, à savoir les anciens épisodes de Ninja Gaiden, ou dans une autre et certaine mesure, la difficulté proposée par quelques missions de Dragon’s Crown. (Nos impressions/Test l’évoquaient) Et encore, ce sont dans de récents exemples auxquels il semble important de se référer … Mais nous avons tous un Némésis, plus ancien peut-être. Dans notre cas, Super Star Wars Super NES et son passage vers l’Etoile Noire était d’une difficulté telle qu’elle a marqué au fer rouge notre mémoire. Quelle serait la réception du jeu aujourd’hui? Une expérience qui ne manquerait pas d’être enrichie d’autres comparaisons et d’un âge plus avancé. Il n’empêche que nous voulons mettre en évidence 1 phénomène : l’exigence est une nuance puisqu’elle est presque dépendante d’un contexte, à une ou d’autres références. Là où nous voulons en venir, précisément, étant que Dark Souls parait hardcore par rapport à une grande accessibilité du jeu-vidéo : points de sauvegarde réguliers, régénération de la santé durant les FPS. Autant de nouveautés qui étaient, aux débuts du jeu-vidéo absentes et qui, dans l’époque actuelle, est devenue une norme si bien que son absence pourrait choquer.

Prix Dark Souls 2 Collector
Un indice de popularité incontestable : rupture de stock et recherche de l’Edition Collector dédiée!

   Evoquer de Dark Souls, une manière de rajouter du poids à une popularité née du bouche-à-oreilles ? La franchise se répand, en ce sens elle est dans son origine et sa vocation de produit commercial : d’où la difficulté de faire rentrer la franchise dans une simple catégorie fourre-tout; entre le jeu spécialisé et le jeu qui compte sur ses handicaps pour entretenir un cercle de fidèles. Une majorité de joueurs serait-elle avide de retourner aux anciens de précepte où jouer un plaisir de récompene ? Pour dresser rapidement les faits, Dark Souls n’aurait-il pas avec lui la volonté d’être un jeu-vidéo, c’est-à-dire où l’effort du joueur, sa persévérance, deviennent des sources de satisfaction ? Plus qu’une absence de révolution, un retour pur et dur aux traditions : la santé ne se régénère plus, battre un Boss à plusieurs reprises est fréquent et passer une étape restaurerait l’équilibre entre la progression et le temps investi.

Screenshot PC Pray the sun
Par l’esprit de la Dame du Lac, de la volonté d’Highlander et de la figure du héros esseulé : il ne peut en rester QU’UN!

   Certes, l’erreur dans l’unanimité ne fait pas la vérité. Toutefois, prime dans un bouillon d’éléments une franchise ayant fait date sur une génération encore récente de supports. Dark Souls est un patchwork élégant en empruntant ici et là les bons moyens pour créer quelque chose de fluide, à l’univers développé et à l’ambiance on ne peut plus médiévale. Respectivement, malgré l’anachronisme de la 1ere référence à l’échelle de la série Dark Souls, le style rappelle l’efficacité des affrontements inaugurés au sein de Soul Sacrifice. Cette manière d’exploiter les faiblesses, d’assurer autre chose que le tour par tout pour donner forme au genre RPG ou le fait de ne trouver aucun temps mort entre les différents affrontements ou l’Art et la manière de s’affranchir de la tutelle du tour par tour. Une surprise lorsque l’on sait que FromSoftware, développeurs Dark Souls, est d’origine Japonaise. Le Nippon, berceau et garant traditionnel du modèle Final Fantasy, n’empêche pas de s’inspirer d’un schéma moins défini et loin d’être l’exclusivité mécanique d’une école de création/production. De fait, si l’on aurait tendance à y avoir une grande Occidentalisation de Dark Souls, on oublierait facilement que Kingdom Hearts est aussi l’un des premiers étendards du Action RPG : une création Japonaise mais … Dont le succès Européen est certain voire facilité. Quid d’un univers connu avec superficialité pourtant  aux premières minutes du jeu? On serait fortement tenté d’apercevoir une codification extraite de l’honorifique saga Fallout! Une différence majeure s’opère cependant : Fallout ou son équivalent héroic-fantasy Oblivion sont des univers connus, admirés ou détestés par des communautés de joueurs pour des raisons qui pourraient être celles qui qualifieront Dark Souls ! Avant tout, ce sont des franchises connues dont chaque épisode suscite une attente souvent justifiée dans la promesse d’une aventure enrichie de passages narratifs, de choix, d’un univers où, finalement … La seule histoire est un fil conducteur, un agrément pour justifier un monde fictif à découvrir. Ce que semble reprendre à son compte Dark Souls II : l’invitation au voyage est un incontournable du joueur curieux. Elément qui, à nos yeux, ont justifié une admiration des premiers épisodes Final Fantasy : voguer ou voler dans un monde jusqu’alors inconnu, un divertissement au sens pur ayant une semi-liberté promise, qui pourrait s’y refuser?

Epee Full Black Armour Dark Souls II PS3
Nous connaissions le dialogue enigmatique entre Moise et le Buisson ardent … L’allégeance à une épée brûlante apparait tout à fait banale !

   On ne doutera pas non plus de l’intérêt de l’esprit médiéval, ses contes et légendes réinterprétés pour mieux insérer le joueur dans une nouvelle fantaisie fictive. Pourtant, et reprenez-le si cela est contestable, on doutera de ce seul atout. Pourquoi les joueurs auraient à cœur de s’attacher à un univers médiéval plus qu’issu de la science-fiction ? Est mis en relief non pas ce qui est intéressant dans le jeu, mais plutôt ce qui motive les futurs aventuriers RPG ? Incontestablement, se dégage un système de réputation : populaire, nouveau dans le paysage vidéoludique (Même s’il est une suite spirituelle d’un prédécesseur moins « médiatique » : Demon’s Soul!) et tout à la fois sans rompre avec ce qui est déjà connu. Dans le contrat, la synthèse des atouts n’empêche pas quelques écueils mais est globalement une expérience capable de faire bouger les références. Une aventure se vit, presque naturellement, sous le jour du RPG parce qu’il est un genre inhérent à l’image que l’on veut insuffler à l’ère médiévale : armes, système et réseaux et bien entendu, une large part de l’imaginaire dans le processus créatif des ennemis, des armes, des paysages … Bref : de l’atmosphère créée. Sur le papier, est quelque part promis, à la manière de jeux inattendus sous le genre du RPG, la « nouveauté », d’autres codes, une rupture presque factice face à ce qui est déjà connu. Si South Park : Le Bâton de la Vérité était annoncé sous l’œil d’un RPG, croyez bien que toutes les entorses au genre et la volonté de mêler beaucoup de traditions en font un titre prometteur. Globalement, en toute subjectivité, le résultat concilie simplicité et vent de fraicheur. Dark Souls II n’invente rien sur la théorie, semble apporter de nouveaux intérêts aux joueurs actuels. La rupture se fait en simplicité, séduit, fait parfois débat, tout en s’installant, tranquillement.

magie dark souls 2
Bataille d’autorités !
-« Piou piou piou »
-« Vous ne passerez pas! »

Aboutir à la conclusion « toutes les expériences mènent à Dark Sous » serait exagéré. Nonobstant ce détail, il recentre un point de gravité : replacer l’intérêt d’une exigence qui permet aux joueurs de reprendre un plaisir. Jouer est aussi se confronter à des obstacles qui reposent avant tout sur vos compétences, votre sensibilité, au-delà que de simples énigmes contournables par de simples solutions. Vos capacités se confrontent à une exigence non révolutionnaire mais … Pourquoi ne pas tenter une aventure parfaitement surmontable mais exigeante? Le Blog La Maison, en pleine tentation, n’attend plus qu’une bonne occasion pour dépasser le cadre simplement théorique et passer à l’expérimentation. Un stade final qu’il parait indispensable de replacer dans le contexte d’un jeu capable d’offrir un intérêt renouvelé.

L’expérience Collector parait « tardive », quoiqu’encore disponible à 75£ (Amazon.co.uk), mais Dark Souls II offre ses services dès 39€. Plus que quelques semaines pour profiter encore de nouvelles baisses de prix!

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10 réflexions sur “[Paralipomènes] Dark Souls – Tous les chemins mènent à l’erreur de l’expérience intentée

    1. Pas de soucis ! Je n’ai pas encore trouvé le temps pour me mettre dans Dark Souls 2. Je ne désespère par de trouver quelques heures d’ici quelques semaines et peut-être essayer … Quoiqu’il en soit, je laisse volontiers la redirection vers le guide que tu mentionnes en te faisant confiance ! 😉

  1. Pas mal du tout cet article. Continue ce genre de réflexions, c’est le genre d’articles vraiment intéressants dont le jeu vidéo a besoin.
    J’aime beaucoup la phrase  » Pour dresser rapidement les faits, Dark Souls n’aurait-il pas avec lui la volonté d’être un jeu-vidéo? » qui résume merveilleusement bien le jeu et qui explique tout autant son succès!

    As-tu lu mon article sur le jeu? C’est plus de la littérature comparée de mon côté.

  2. Article sympa sur un jeu auquel je ne jouerais jamais. Je ne trouve pas de détails ou de petit truc qui pourrait me donner envie d’y jouer. Et même si je ne suis jamais fermé pour un jeu, le manque de temps et surtout de motivation (LoS2 est l’exemple parfait) fait qu’ il est certains que je n’y jouerais pas.

    De plus ni le style, ni la DA, ni le heros, ni l’histoire ou le gameplay ne me stimule plus que ca. Pourtant j’ai fait des tas de jeux de tous genres, connus ou non.
    Mais j’apprécie le concept et surtout de voir qu’il existe encore des développeurs capable de proposer des jeux avec du challenge et surtout de voir que ces memes jeux se vendent bien et ne sont pas spécialement réservés à un petit groupe de joueur.

    1. La beauté du jeu reste la possibilité pour les développeurs : 1°/ d’avoir créé une nouvelle licence 2°/ qu’elle puisse fonctionner 3°/ capable de tenir debout.

      Merci ! 🙂 Ce serait bien une expérience tentante, encore faut-il, comme tu le soulignes, pouvoir et avoir le temps et « l’envie » de s’y plonger totalement.

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